Extraits
de textes sur Christophe Ronel

Le monde est une bosse, le monde est une montagne que dévale en éclaboussant ses rives un torrent de peinture, une cascade, une cataracte bienfaisante pour les terres arides, pour les populations altérées. Voyez comme elle bondit, d’un pôle à l’autre, comme elle s’épand sur les deux hémisphères ! Voyez comme elle fait danser l’arche des animaux qui abattent fraternellement la moitié de notre besogne ! Elle embarque le dromadaire, vaisseau du désert enfin à flot, et le petit âne si dur à la tâche, regardez-le prendre pour une fois un peu de repos dans ce bain où chaque couleur est un piment frais et croquant comme il les aime. Voici maintenant l’éléphant délesté de son poids harassant, il flotte lui aussi, porté par la généreuse coulée de peinture que rien ne semble devoir interrompre et qui jaillit toujours, ardente et tumultueuse comme lave en fusion.
Mais pas de panique. Non point de cette lave qui calcine les pentes et pétrifie les êtres, au contraire, bien au contraire, une lave giboyeuse, poissonneuse, nourricière, où la foule humaine aussi s’ébat dans son élément…
Le monde se promène dans les tableaux de Ronel, il se donne en spectacle, il n’est plus ce globe fermé comme un poing, clos sur lui-même, ce pangolin roulé en boule, il se déplie, se déploie, s’ouvre en éventail et chasse sa vieille poussière. Il va voir ailleurs. On dirait soudain une nouvelle étoile.
extrait
de la préface du catalogue de l’exposition Palais Bénédictine
Eric Chevillard, 2008

A sa façon, Ronel est un collectionneur qui s’ignore. Á chaque tableau, il s’invente une destination, une contrée, un archipel perdu, un territoire exponentiel avec ses casemates, ses ruelles insoupçonnées, ses stratifications secrètes, ses taxis-brousses, ses vélocipèdes en goguettes, ses pirogues et ses malles-postes chargées de grandes et de petites histoires. Ses peuplades qui prolifèrent à la vitesse grand V sont originaires des quatre coins du monde, de préférence de pays où l’on aime bien s’entourer de gris-gris, d’échafaudages de bambous, de tissus bariolés, de costumes extravagants, de troupeaux de zébus, de cases à palabres, de rumeurs et de prophéties ambulantes. Que ce soit en Afrique, en Asie, en Amérique latine ou en Océanie, Ronel a l’œil sur les périmètres de vie en pleine implosion. Cités périphériques, marchés flottants, gares routières, huttes surélevées, fourgonnettes surpeuplées, îlots artificiels, cabanes à roulettes, embarcations légères, trapèzes volants, villes lacustres, tout habitat inspire son espace-temps qui se déplace en fonction de notre imaginaire. Ronel – on l’aura compris- a l’âme vagabonde…
Fantasmagorique, débordante de vitalité, cette œuvre en devenir vaut bien plus que le simple coup d’œil !
"Une mosaïque exponentielle", extrait revue Arts Actualités Magazine
Valère-Marie MARCHAND 2008

La peinture de
Christophe Ronel inventerait un pays à la
fois utopique et concret.
Elle ne définirait
nul Empir , nul Etat . Elle multiplierait des scènes
disparates des images égarée , des
visions vagabondes, des éclairages inattendus,
des éblouissements insoupçonnés.
Elle serait nomade et lucide en une errance sagace
et colorée, en une randonnée africaine
: un voyage incandescent . Sous un soleil
exact entre les tropiques , cette peinture supposerait
des parcours visités, des carnets de dessins,
des notes teintées; puis, dans latelier,
elle construirait une Afrique imaginaire, métamorphosée.
Christophe Ronel
mexplique : " Mon travail,
me semble-t-il , suppose un écart, une distance
par rapport à des territoires parcourus,
visités consignés dans des carnets ;
puis, une reconstruction réalisée
dans latelier jouerait le rôle dun
écran, dune séparation. Latelier
filtrerait en quelque sorte les notes initiales
afin de nourrir et de développer un univers
personnel . Latelier serait une sorte de laboratoire
dans lequel souvenirs des lieux, anecdotes liées,
sensations retenues senchevêtrent, se
superposent, se déplacent, sagglomèrent. "(
)
extrait
de la préface du catalogue : " Senemali
" 2003
Gilbert
Lascault

Le
monde de Christophe Ronel est fécondé
par les terres sahéliennes, Les inscriptions
rupestres, les mythes antiques, les mélopées
slaves et les chants des griots. Il est par nature
proliférant, profus, sucré comme un
fruit dété, bruissant comme
une palmeraie, à la fois matière et narration.
Houda
Souiri- Revue Artension.

Ronel
transgresse avec une jubilation non dissimulée
les impressions recueillies, ce qui procure à
ses uvres une fertilité poétique
incontestable et , concentrant toutes les diversités
esthétiques en une cohérence graphique,
il en préserve ainsi toute la magie. Ses
fantasmagories racontent un univers fabuleux où
pourtant nous pouvons, à notre tour, nous
frayer un chemin et inventer, avec un plaisir non
dissimulé, notre aventure féerique
particulière.
Françoise
de Céligny - Revue Univers Des Arts.

Ronel
est un peintre magique.
Il
investit des territoires mythiques, carnet de croquis
en main, quil introduit peu à peu dans
son monde singulier, proliférant et jubilatoire.
Une aventure picturale doublée dune
merveilleuse exploration intérieure.
Gérard
Gamand -Revue Azart.

Le
monde selon Ronel ressemble à une immense
place de marché, un caravansérail,
un cirque de plein vent où sont mêlés
rêves et souvenirs ( Ronelius circus). Moqueur,
mais sans méchanceté, il nest
pas dupe de la sottise ni de labsurdité
du monde, mais préfère pour sa part
en sourire. Son sens de la mythologie et sa culture
effervescente nourrissent le moindre de ses projets.
Cest un artiste baroque, charismatique, fourmillant
d idées et de thèmes, un braconnier
de limaginaire .
Luis
Porquet.

Cet
artiste nous étonne et nous fait rêver.
Son
art est complet, intelligent et de qualité,
une telle inspiration est aujourdhui particulièrement
réconfortante et montre que la peinture contemporaine
est toujours bien vivante pour qui accepte de se
laisser bercer par le rêve .
Michel
Prigent.

Cela
commencerait par une signature, un lien de ralliement :
Ronel, comme un code oublié, intemporel .
R
, peut-être comme Rouge ; O comme Orient ;
N comme Noire ; E comme Eléphants (pourquoi
pas ? ) ; L comme allons-y franchement
Lumière.
A
ce stade, on aurait encore rien dit, rien vu . Ni
tapis, ni dallages, ni turbans, dromadaires, yeux,
moustaches, ni
Au bout de linventaire,
on serait encore Gros-Jean comme devant. Cest
que les chameaux , chez Ronel, sont "
contorsionnistes ", que les convois abritent
regardez ! de " petites
voluptés ", que le nuage est "
effleuré " . Ce monde en métamorphose,
dans lequel un jeu verbal relance sans cesse autrement
le jeu pictural, ne nous est jamais livré
au premier degré ! Une fois les objets
passés à la trappe ( leur dénombrement
serait infini ), reste lhumour. Et, oubliés
les prétextes figuratifs ( nest-ce
pas la Maya, lillusion ?), demeurent
des " espèces despaces "
qui, à lévidence, dépaysent
plus notre regard que leurs ingrédients plus
immédiatement repérables.(
)
extrait
du catalogue " Rajpoutana "
1998
Jean-Charles
Gaudy

Devant
les uvres de Christophe Ronel, on rêve
à ce mythe, méditerranéen entre
tous, quest lAtlantide.
Mythe
bien vivant et que ravivent encore à chaque
génération de nouvelles exhumations
auxquelles les artistes comme Ronel, ( et quelques
autres qui ont pris la relève des fameux
"Orientalistes " romantiques ) donnent
une soudaine présence, des plus suggestives.
Elle va, cette incessante, cette insistante Atlantide,
de lâpre Levant Ibérique aux
sables ocres du Sahara .
Elle
a tracé les écritures minoennes, restées
indéchiffrées, et le tifinagh des
Imazighen, attestés deux millénaires
avant notre ère, et que nous appelons aujourdhui
Berbères . Elle est dans une organisation
labyrinthique de lespace, souk ou ksar, et
dans la profusion des figurations traditionnelles,
qui remontent sans doute aux idoles de Cnossos et
aux pendeloques carthaginoises, avant de sêtre
croisées avec les formes et les rythmes de
lAfrique noire .
On
devine que , pour un " nouvel orientaliste
" comme Ronel, cest le plus irrésistible
des appels vers une sorte dOdyssée
immémorial , dont ses tableaux marquent les
étapes imaginaires ou réelles .
Préface
du catalogue Galerie Triade ; Suzanne Tarasiève
1996
Jean-Clarence
Lambert
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